JEUX VIDEO : les cochons, des gamers comme les autres !

Selon une étude publiée en février dernier dans la revue Frontiers in Psychology, les cochons sont capables de jouer à des jeux vidéo !

Bien sûr, c’est une nouvelle qui en fera sourire plus d’un (à quand des cochons en live sur Twitch ?), mais c’est surtout le résultat d’une expérience qui nous en apprend encore plus sur les capacités de ces animaux étonnants. En effet, si de nombreux animaux, des primates aux pigeons, ont déjà fait leurs preuves aux manettes, à l’écran ou au joystick, c’est la première fois que les cochons relèvent le défi !

Un joystick, un casse-briques et quelques bonbons

Quelle mouche a piqué les docteures Candace Croney et Sarah T. Boysen, de l’université Purdue en Indiana (aux États-Unis) de vouloir faire jouer des cochons à des jeux vidéo ? Eh bien, même si ça peut sembler loufoque, les jeux vidéo sont une excellente manière d’en apprendre plus sur l’intelligence des animaux : ils permettent en effet de mesurer efficacement leurs capacités et de vérifier s’ils comprennent le lien entre leurs actions et ce qu’il se passe sur l’écran. 

C’est ainsi que quatre cochons – deux large white, nommés Hamlet et Omelette, et deux cochons Panepinto, Ivory et Ebony – se sont retrouvés aux manettes (enfin, au joystick) de l’expérience des docteures Croney et Boysen. Après avoir compris comment manipuler le joystick avec leurs groins, ces quatre cochons ont appris à jouer au casse-briques : ils utilisaient le joystick pour bouger le curseur sur l’écran, et détruire les petits murs qui y apparaissaient. À chaque victoire, les animaux gagnaient une friandise : c’est sûr, ça motive !

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Pourtant, l’un des résultats intéressants de l’étude est survenu lorsque le distributeur de friandises est tombé en panne. Même sans être incités par une récompense, les cochons ont continué de jouer ! Selon les chercheuses, les contacts sociaux ont été aussi importants que la nourriture dans cette expérience : les cochons ont continué de jouer car ils étaient encouragés par les mots des chercheuses, et peut-être même par la présence des autres cochons !

Jeux de mains, jeux d’hum… euh, de primates ?

Hamlet, Omelette, Ivory et Ebony ont obtenu de bons résultats : l’un des cochons a réussi 76 % de ses tentatives, deux d’entre eux en ont réussi la moitié, et le quatrième a réussi… 34 % de ses tentatives. Comme quoi, on dirait bien que chez les cochons comme chez les humains, certains sont plus doués que d’autres en jeux vidéo ! En tout cas, ces résultats ont impressionné les chercheuses : « Il est possible que les cochons soient capables d’apprendre, de comprendre et de réagir à davantage de choses que ce que nous avions envisagé auparavant » a commenté Candace Croney.

Ces résultats sont très bons, d’autant que ce jeu est bien plus compliqué pour les cochons que pour les primates. C’est sûr : sans mains ni pouces opposables, difficile d’être habile aux manettes ! De plus, les yeux des cochons sont adaptés à une vision de loin : pas facile de se débrouiller face à un écran… Il y a donc plusieurs explications au score moins élevé des cochons !

Ainsi, les chercheuses envisagent d’adapter l’expérience pour confirmer ces résultats : Hamlet et Omelette auront-ils un meilleur score face à des écrans tactiles ? Affaire à suivre !

Un petit pas pour les cochons, un grand pas pour l’animalité

En tout cas, l’intérêt d’Ivory, d’Ebony et de leurs deux amis pour le casse-briques nous permet de mieux comprendre les cochons. Tout d’abord, on sait maintenant qu’ils comprennent que leurs actions ont un effet sur un écran, et c’est déjà important : « Ce n’est pas une mince affaire pour un animal de saisir le concept que le comportement qu’il adopte a un effet ailleurs. Le fait que les cochons puissent faire cela devrait nous faire réfléchir à ce qu’ils sont capables d’apprendre d’autre, et à l’impact que cet apprentissage peut avoir sur eux », explique Candace Croney. Car les cochons ont aussi été capables d’effectuer une nouvelle tâche, et même… d’en tirer un certain plaisir ! 

Il y a 20 ans, l’Université du Massachusetts avait mené une expérience similaire, mais sans en publier les résultats : un cochon, un chimpanzé et un petit chien (Jack Russell) avaient appris à jouer au casse-briques. À l’époque, les chercheurs avaient été intéressés de voir que le cochon avait un meilleur score que le chien ! Les résultats de cette étude n’avaient pas été publiés.

On ne sait pas ce que ces cochons d’expérience sont devenus. Ont-ils été recueillis dans un refuge ? Peut-être que cette expérience permettra, en tout cas, de changer notre regard sur ces animaux souvent peu considérés. C’est en tout cas ce qu’espéraient les deux chercheuses, qui souhaitaient étudier des animaux souvent utilisés dans les élevages. Moins étudiés par les scientifiques, ces animaux sont peut-être bien plus malins que les gens ne le pensent !

Alors, les moutons, les chèvres, les poules ou les dindons, on relève le défi ? Game on, les animaux !