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Qui sont les poissons ?

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Lorsqu’on parle des « poissons », on a l’impression de ne parler que d’une seule espèce. En fait, le mot « poissons » fait référence à une multitude d'animaux marins très différents ! En 2016, on comptait déjà 33 249 espèces de poissons différentes, et de nouvelles espèces sont sans cesse découvertes dans les rivières, les fleuves, les océans, et jusqu’au plus profond des abysses… Le grand dossier du numéro 5 de Mon journal animal plongeait dans l’univers des poissons – mais il y avait tellement de choses à dire qu’on en a rajouté par ici ! Alors, si on en apprenait (encore) plus sur les poissons ?



Des poissons… caméléons !

Saviez-vous que certains poissons sont de véritables champions du camouflage ? Parfois, ce déguisement fait partie d’eux-mêmes : leurs couleurs leur permettent de tromper leurs prédateurs. En effet, les prédateurs des poissons attaquent souvent les parties vitales, c’est pourquoi les écailles des poissons font souvent croire à ces prédateurs que leurs parties vitales sont… ailleurs ! Les poissons-papillons, par exemple, ont un cercle noir proche de leur queue, que les prédateurs prennent souvent pour leur œil. Cela déjoue leurs attaques !

D’autres poissons sont capables de changer de couleur selon leur environnement : les poissons plats prennent souvent la teinte de l’endroit où ils se cachent, comme des couleurs de sable ou de gravier. Certaines études suggèrent que ces changements de couleur seraient même volontaires !


Les poissons sont des mamans (et des papas) poules !

Certains poissons créent des liens familiaux très forts, et le soin que mettent des couples de poissons à s’occuper de leurs petits en sont un bon exemple : souvent, les femelles et les mâles coopèrent pour défendre leurs œufs contre d’autres poissons, les dissimuler ou les mettre en sécurité. En Amérique centrale, certains cichlidés déposent leurs œufs sur une feuille qu’ils ont soigneusement sélectionnée ; et si des prédateurs s’approchent de trop près, ils n’ont plus qu’à tirer les feuilles vers un endroit plus tranquille. Quant aux characins arroseurs, ils déposent leurs œufs sur une feuille à la surface de l’eau, en bondissant à plusieurs reprises hors de l’eau. Puis, pendant les deux ou trois jours de l’incubation, les papas characins restent près de la feuille et arrosent leurs œufs chaque minute pour les garder bien humides. Une prouesse technique – et physique !

Chez plusieurs espèces, les mâles jouent un grand rôle dans la protection des œufs : c’est le cas des célèbres hippocampes, qui portent dans leur poche ventrale les œufs pondus par les femelles. Certains poissons-chats portent même leurs œufs sur eux, après s’être roulé dedans. Plutôt original !




Feux d’artifice chez les poissons !

Comment font les poissons des abysses, qui vivent à une telle profondeur qu’ils n’ont jamais accès à la lumière ? Eh bien, nombre d’entre eux sont leur propre source lumineuse : ils émettent de la lumière grâce à des bactéries qui vivent sur leur corps. Les poissons-lanterne, par exemple, ont au-dessus de leur tête une sorte de canne à pêche lumineuse, qui attire les petits poissons malchanceux… directement entre leurs mâchoires. Les poissons gluants et les poissons phares, quant à eux, sont capables de faire des flashs lumineux pour séduire d’autres poissons ou attirer du plancton !

La plupart des poissons luminescents produisent de la lumière bleue ou verte (ces couleurs se propagent mieux dans l’eau). Mais certains poissons, les Malacosteus, sont capables d’émettre de la lumière rouge, que les autres poissons ne peuvent pas voir. Ils peuvent donc laisser la lumière allumée tranquillement : cela les rend visibles de leurs semblables, sans attirer l’attention de leurs prédateurs !


Des poissons bricoleurs (ou presque !)

Comme les primates, les loutres, les cochons et bien d’autres animaux, certains poissons peuvent utiliser des outils ! Giacomo Bernardi, plongeur et professeur de biologie, est le premier scientifique à avoir filmé un labre utiliser un outil : ce poisson particulièrement malin se servait d’un rocher pour ouvrir des coquillages.

D’autres chercheurs ont remarqué des comportements similaires chez d’autres espèces de labres et chez des girelles : des poissons ont été observés cassant des croquettes trop grosses pour pouvoir s’en nourrir, ou même se saisissant d’un petit caillou pour tapoter la vitre de leur aquarium, semblant attirer l’attention des humains. Astucieux !




Une société de poissons

Si certains poissons sont des solitaires, d’autres vivent dans des sociétés très élaborées, où chaque individu a un rôle à jouer. Parfois, les poissons fonctionnent même en sociétés inter-espèces, c’est-à-dire que des poissons d’espèces différentes collaborent pour mieux vivre ensemble.

Les labres nettoyeurs en sont un bon exemple : ces poissons sont connus, chez les scientifiques et dans leurs récifs coralliens, pour nettoyer les autres poissons en mangeant les cellules mortes sur leur peau et les restes de nourriture entre leurs dents. Ces petits nettoyeurs ont leurs clients habituels, et pour les fidéliser, ils doivent bien les soigner, en les laissant tout propres bien sûr, mais aussi en les massant doucement, et bien sûr en évitant de les mordre (même si c’est tentant !).


Ça chauffe chez les poissons !

Si les poissons sont capables de vivre pacifiquement en société, il leur arrive aussi de se bagarrer ! Les perroquets à bosse (il est pas drôle, ce nom ?) mâles se lancent dans de terribles combats pour protéger leur territoire : ils foncent l’un sur l’autre en prenant plusieurs mètres d’élan et se donnent de grands coups de front !

D’autres poissons s’affrontent aussi parfois, mais la plupart du temps, ils préfèrent impressionner leurs congénères avec différentes tactiques pour éviter le combat : ils déploient leurs nageoires pour paraître plus gros, s’illuminent, font du bruit… C’est sûr, il ne vaut mieux pas s’y frotter !





Pour les poissons, la peur a une odeur

Après avoir vu, dans un aquarium, des vairons s’éloigner d’un de leurs camarades qui venait d’être blessé, l’éthologue Karl von Frisch s’est demandé ce qui déclenchait cette réaction de peur chez les poissons, et c’est alors qu’il a découvert… le Schreckstoff (ce joli nom allemand signifie « substance terrifiante »).

En fait, le Schreckstoff est une substance chimique émise par des cellules situées sous la peau lorsqu’un poisson est blessé. En percevant cette phéromone, les autres poissons sont terrifiés… Cela leur permet de savoir qu’il y a un danger, et donc de se protéger.


La vue, l’un des super pouvoirs des poissons !

La vue est un sens très important pour les poissons : elle leur permet de se reconnaître entre eux, de repérer de la nourriture, de se déplacer… Un peu comme nous, en fait. Grâce à la forme de leurs yeux, et particulièrement à celle du cristallin, les poissons voient aussi bien sous l’eau que nous dans l’air. Et ils sont même capables de voir plus de choses que les humains !

En effet, certains poissons comme les flets, les gobies ou les hippocampes peuvent bouger leurs yeux indépendamment l’un de l’autre : autrement dit, ils peuvent regarder à la fois devant et derrière eux – et leur cerveau peut traiter en même temps ces informations. Par ailleurs, la plupart des poissons voient un spectre de couleurs beaucoup plus large que celui des humains : imaginez comme l’océan doit être beau en hyper multicolore !


Pour aller plus loin :

À quoi pensent les poissons de Jonathan Balcombe.