nos sites


Australie : des animaux et des vétérinaires dans la fournaise


Les feux de brousse en Australie sont des phénomènes courants, mais rien n’aurait pu préparer ses habitants aux terribles incendies de cet hiver : d’immenses feux, incontrôlables et ravageurs, ont détruit les forêts pendant des mois, mettant en danger d’innombrables animaux. Nous avons rencontré des associations australiennes qui se battent sur le terrain pour les aider : qui sont ces superhéros des animaux ?



Au feu !

En Australie, la saison des feux de brousse a lieu chaque hiver : en effet, dans l’hémisphère sud, c’est la saison la plus chaude, et donc la plus propice aux incendies. Mais si les feux de brousse sont réguliers dans le pays, des incendies aussi destructeurs que ceux qui l’ont ravagé ces derniers mois sont en revanche très rares… Les incendies, qui ont commencé en juin 2019, ont atteint leur pic aux mois de décembre et de janvier, détruisant des territoires entiers et inquiétant la communauté mondiale. D’après les scientifiques, le réchauffement climatique en est la cause principale : la foudre, en tombant sur la végétation asséchée par la chaleur et le manque de pluies, a engendré un grand nombre de ces feux de brousse.

Le bilan est catastrophique : en détruisant 186 000 km2 de forêt, les feux ont aussi causé la mort de 34 humains et de près de 1,25 milliard d’animaux (selon une estimation du WWF), et d’innombrables animaux ont été blessés. Si les médias se sont souvent attristés du sort des koalas et des kangourous, d’autres animaux, sauvages ou domestiques, ont aussi été impactés par cette catastrophe.

Ainsi, certains animaux qui habitaient le sud de l’Australie, région particulièrement touchée par les flammes, pourraient même avoir disparu : c’est le cas des opossums pygmées, des bandicoots ou des dunnarts de l’île Kangourou. De nombreux reptiles, comme des varans, ou des oiseaux, comme des cacatoès de Latham, ont aussi perdu la vie dans ces incendies. Enfin, des animaux d’élevage, qui n’ont pas été comptabilisés dans les chiffres, ont aussi été les victimes des feux…





Des vétérinaires au secours des animaux !

Heureusement, des associations de défense des animaux ont été présentes sur le terrain dès le début des incendies pour venir leur venir en aide. De nombreux bénévoles, y compris des vétérinaires, étaient mobilisés, surtout dans le sud du pays, où les feux ont été ravageurs : un soulagement pour les animaux – pour tous les animaux. En effet, comme le précise le porte-parole de l'association Vets for Compassion (Vétérinaires pour la compassion) : « Nous traitons tous les animaux de la même manière, car ils peuvent tous ressentir la douleur. Peu importe s’ils appartiennent à une espèce menacée ou non, nous les aidons tous. Nous ne sauvons pas un koala plutôt qu’un autre animal juste parce qu’il est mignon. » Ainsi, lors de sa mobilisation par les autorités le 20 décembre, l’association SAVEM (South Australian Veterinary Emergency Management) est aussi venue en aide à des animaux d’élevage : les vaches, chèvres, chevaux, moutons et alpagas présents dans les pâtures aux abords des forêts étaient en grand danger !

Quatre jours après le début des incendies près de la ville d’Adelaïde, où agissent les vétérinaires bénévoles de la SAVEM, les animaux sauvages ont commencé à affluer : principalement des koalas et des kangourous, mais aussi des opossums, des reptiles, des oiseaux… tous souffrant de brûlures ou de difficultés respiratoires suite aux feux. Un travail difficile a commencé pour les vétérinaires et les personnes venues les assister : déterminer comment aider au mieux chaque animal qui leur parvenait. Certains koalas, par exemple, souffraient de brûlures superficielles au visage ou aux pattes : ces brûlures ont été soignées, puis les animaux ont pu retrouver la liberté. D’autres animaux n’étaient pas blessés, mais ne pouvaient pas rester sur place : les risques de départs de feu étaient encore trop importants, et ces animaux n’auraient pas pu trouver seuls de quoi se nourrir… Il a donc fallu les acheminer vers un parc national, où ils ont été pris en charge par un autre vétérinaire. Enfin, certains animaux, trop gravement blessés, ont dû être euthanasiés.




L’île Kangourou : opération survie !

Parmi les lieux les plus durement touchés par les incendies figure la petite île Kangourou, au large d’Adélaïde. Un tiers de l’île est constitué de parcs nationaux, dans lesquels vivent des koalas et des kangourous, mais aussi des ornithorynques, des lions de mer, des phoques à fourrure, des varans, des balbuzards, et de nombreux autres animaux, parfois endémiques à l’île (c’est-à-dire qui n’existent qu’à cet endroit du globe)... Mais les incendies, qui n’ont pas pu être contrôlés pendant 22 jours, ont détruit la majorité des espaces naturels, et de très nombreux animaux y ont péri.

Présents sur les lieux dès le début des feux, les vétérinaires de la SAVEM, ainsi que ceux d’autres associations, se sont rapidement organisés : ils ont installé une tente gonflable destinée à accueillir les animaux rescapés. Pendant que des équipes de vétérinaires les soignaient, d’autres équipes patrouillaient à la recherche d’animaux en détresse, et les déplaçaient afin qu’ils puissent trouver de la nourriture. De très nombreux animaux, en particulier des koalas, affluaient au centre de soins, souvent gravement brûlés.

Malgré cette situation désolante, la Dr Rachel Wescott, vétérinaire mobilisée pour les opérations, se rappelle quelques sauvetages heureux, en particulier celui de Simon : « Nous avons repéré un koala, seul au milieu de la végétation brûlée. Nous avons d’abord pensé qu’il allait être dénutri, ou même brûlé… Mais lorsque nous l’avons approché, ce grand mâle a bondi dans un arbre qu’il a escaladé à toute vitesse ! » Une fois le koala récupéré, Rachel réalise qu’il n’est pas blessé et qu’il est en bonne santé. Mais comment Simon (c’est son nouveau nom !) a-t-il fait pour s’en sortir ? A priori, cet animal chanceux a pu se mettre à l’abri dans une réserve d’eau à proximité, et se nourrir de quelques pousses de végétation nouvelle… En tout cas, Simon a vite retrouvé la liberté et la sécurité : il a été relâché dans un endroit préservé de l’île Kangourou. Ouf !



Après les incendies, ne pas baisser les bras

Si les principaux foyers des incendies sont aujourd’hui éteints, il est encore trop tôt pour avoir un bilan fiable des conséquences de cette catastrophe. Combien d’animaux sont morts dans les feux, ou à cause de ces feux ? Combien d’espèces ont disparu ? Faut-il s’attendre à des saisons de feux de brousse aussi destructrices ces prochaines années, à cause du réchauffement climatique ?

En tout cas, ce n’est pas le moment de baisser les bras. Avec l’aide de l’association Animals Australia, les vétérinaires au grand cœur de Vets for Compassion déposent encore dans les forêts brûlées de la nourriture pour kangourous et wallabys, afin que les animaux trouvent de quoi survivre en attendant que la végétation ne repousse. Heureusement, les politiques prennent aussi des initiatives pour aider les animaux qui ont faim : le gouvernement de l’état de New South Wales a ainsi déversé deux tonnes de carottes et de patates douces au-dessus des parcs nationaux pour que les animaux puissent s’alimenter correctement !

Quant aux vétérinaires bénévoles, leur travail n’est pas fini, comme le rappelle Rachel Wescott : « Nous devons continuer certains projets sur les terres brûlées, comme la mise en place d’hôtels à insectes ou d’abris pour les oiseaux. Puis nous rentrerons dans nos bureaux, pour nettoyer et ranger tout notre équipement, et nous préparer pour nos prochaines actions. La saison des feux de forêt peut se prolonger jusqu’au mois de mai, nous devons rester vigilants. »

Abonnement Mon Journal Animal

S'abonner à Mon Journal Animal !


Mon Journal Animal, c'est un journal sur les animaux – et ceux qui les défendent ! Jeux, dossiers, actus, BD... Une lecture complète et ludique, pour en apprendre plus sur nos amis à plumes, à poils ou à écailles, pour les 10 - 14 ans (ou les plus grands !).

Envie de recevoir l'actu des animaux directement dans votre boîte aux lettres ? Abonnez-vous (ou abonnez un proche !) pour seulement 6 euros par an (3 numéros).

Psst, l'abonnement à Mon Journal Animal est complètement gratuit pour les établissements scolaires, les bibliothèques ou centres culturels.