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Mon journal animal #5

Quand les animaux mentent


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Et vous, ça vous arrive de mentir ? Jamais, vraiment ? Selon une étude, les humains mentent pourtant au moins deux fois par jour. Mais ce ne sont pas les seuls : en effet, les animaux aussi sont capables de tromper les autres en leur transmettant de fausses informations… Et pour le faire, ils ne manquent pas d’imagination !


Mentir pour (sur)vivre

Les bobards des animaux sont souvent involontaires : il s’agit par exemple de techniques de camouflage, qui permettent à certains individus de déjouer les attaques des prédateurs en se faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas. Ainsi, selon certains scientifiques, le vol en groupe permettrait aux oiseaux de paraître plus grands qu’ils ne le sont vraiment face à leurs prédateurs – et ce serait la même chose pour les poissons qui nagent en bancs. Encore plus original : certains serpents, comme la couleuvre à collier, peuvent simuler la mort. Sur le dos et immobiles, ils ont l’air moins appétissants pour les prédateurs !

Parfois, ces tromperies involontaires permettent aussi aux espèces de se reproduire : c’est par exemple le cas pour les oiseaux pratiquant le « parasitisme de couvée ». Plutôt que de perdre du temps (et de l’énergie) à élever leurs propres petits, certains oiseaux comme les coucous placent leurs œufs dans les nids d’autres espèces ; ainsi, certains oiseaux se retrouvent à élever des petits qui ne leur ressemblent… pas vraiment, en fait.





Petit mensonge, gros avantage

Mais les mensonges des animaux sont-ils toujours des réflexes pour assurer la survie de l’espèce ? Rien n’est moins sûr ! Selon des études scientifiques, certains animaux pourraient choisir de transmettre une fausse information pour obtenir un avantage. Les drongos brillants, des oiseaux vivant en Afrique, imitent à la perfection le cri d’alarme des suricates, ce qui permet de leur jouer bien des tours : un seul piaillement de la part d’un de ces oiseaux, et les suricates, percevant le danger, filent se planquer dans leur terrier… en laissant tomber au passage ce qu’ils étaient en train de manger. Le drongo brillant n’a plus qu’à se régaler ! Ce comportement a aussi été observé chez des macaques, qui n’hésitent pas à crier au loup (enfin, plutôt : « Au crocodile ! ») pour chiper la nourriture de leur voisin effrayé.

Chez les cochons, la tromperie est plus subtile : des chercheurs ont étudié un groupe de cochons kune kune et ont compris que ces fieffés coquins choisissent de mentir (ou pas) à leurs congénères selon leur statut social. Ainsi, si Zeus sait où trouver de la nourriture et qu’il est avec un deuxième cochon qui l’ignore, son attitude sera différente selon l’identité de ce deuxième cochon en question : s’il s’agit de Bellana, qui est moins forte que lui, il ira grignoter ses croquettes sans se préoccuper d’elle ; mais s’il s’agit de Zampano, qui est plus fort que lui, alors Zeus choisit de mentir. Il guide Zampano vers un autre endroit, puis… le sème pour aller manger toutes les croquettes ! Malin !




De véritables animaux stratèges !


Mentir est un exercice mental compliqué : il faut être capable de se représenter ce que pensent ou savent les autres, puis d’imaginer un moyen de tromper cette connaissance ! Mais certains animaux vont encore plus loin, car ils peuvent comprendre quand on leur ment et déjouer la supercherie : des singes, à qui un compagnon de rang inférieur ment pour obtenir de la nourriture, peuvent s’en apercevoir et se cacher pour prendre le menteur sur le fait… Bien joué !

Cette intelligence, qui permet aux animaux de transmettre de fausses informations, mais aussi parfois de prendre les menteurs la patte dans le sac, les humains la partagent également : même si nous ne pouvons pas changer de couleur comme les caméléons ou paraître plus gros pour impressionner un adversaire, comme les chats, nous choisissons souvent de donner de fausses informations parce que cela nous donne un petit avantage. Et ça, on vous jure que c’est vrai !