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Confinement : des animaux à la (re)conquête des villes ?


Aujourd’hui, 4 milliards de personnes sont confinées chez elles à travers le monde : près de la moitié des humains de la planète doivent limiter leurs sorties pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Ces mesures exceptionnelles ont un impact sur les humains, mais ce qui n’avait pas été forcément anticipé, c’est qu’elles ont aussi des conséquences sur les animaux sauvages. (Re)conquête des villes, problèmes pour trouver de la nourriture… Que vivent les animaux en ces temps étranges ?



Quartier libre !

La baisse du nombre d’humains dans les rues a conduit certains animaux sauvages à s’aventurer dans des espaces où ils n’allaient pas d’ordinaire… Et des internautes du monde entier ont pu filmer, depuis chez eux, des scènes très étonnantes ! Ainsi, un puma a été aperçu dans les rues de Santiago, la capitale du Chili, tandis que des antilopes ont été observées aux abords des plages, à Eirat, en Israël. À Barcelone, en Espagne, un sanglier a été filmé se promenant dans les rues, et fouillant dans les buissons à la recherche de nourriture. Quant à la ville de Llandudno, au Pays de Galles, elle a reçu une visite inattendue : un troupeau de chèvres des montagnes a profité du silence et de l’absence de touristes (humains, en tout cas) pour visiter ses rues et ses parcs, avant de regagner le parc national de Great Orme, où elles habitent. Étonnant !

D’autres animaux habitués des villes, mais qui se tiennent à distance des humains, ont aussi profité de leur absence pour faire une petite promenade dans les rues. À Paris, un couple de canards colverts en goguette s’est récemment rendu à la Comédie-Française : pas de chance, le théâtre est fermé en ce moment, il faudra revenir ! Des dindes ont aussi fait une sortie remarquée dans les parcs d’Oakland, en Californie, tandis que des ratons laveurs ont pu profiter d’une journée détente à la plage de San Felipe, au Panama.


Et les animaux s’aventurent même plus facilement dans les espaces sauvages maintenant que les humains n’y vont plus du tout : au parc national des Calanques, près de Marseille, des puffins, des cormorans et des hérons ont de nouveau pointé le bout de leur bec, tandis que des rorquals communs (ce sont des baleines !) ont profité de la tranquillité et du silence pour s’approcher des côtes.

Si la vue de ces animaux réjouit bien des humains, elle révèle en creux la manière dont ils nous perçoivent : selon Jean-Michel Gaillard, directeur de recherche au CNRS, la présence humaine est interprétée par ces animaux comme un danger, une menace, et si les animaux prennent leurs aises actuellement, cela ne pourra être que temporaire.

Les laissés-pour-compte du confinement

D’ailleurs, les sorties des animaux dans les villes sont parfois un signe de détresse : en effet, pour un grand nombre d’animaux sauvages, le confinement peut avoir des effets dramatiques. C’est par exemple le cas des cerfs sika qui ont été filmés à Nara, au Japon, errant dans les rues et même dans les stations de métro. Ces animaux sont d’ordinaire nourris par les touristes de passage dans la ville, et en l’absence d’humains, ils doivent trouver eux-mêmes leur nourriture – un problème qu’ils ont résolu en broutant les pots de fleurs.

De nombreux autres animaux habitués à vivre grâce aux humains doivent faire face à de grandes difficultés actuellement : c’est le cas des pigeons, ou de certaines mouettes dans des villes touristiques, qui se nourrissent habituellement des restes laissés par les touristes. Selon certaines associations, de nombreux oiseaux pourraient mourir des conséquences du confinement.

Compter les oiseaux avec la LPO

Le retour des animaux sauvages aux abords des villes et des villages est aussi une occasion unique pour les observer, et même pour les aider. Ouvrez grand les fenêtres, les yeux – et les oreilles ! Grâce à la baisse du trafic aérien et routier, on entend bien mieux les oiseaux que d’habitude…


C’est pourquoi la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) a invité les humains à compter les oiseaux qui s’approchent de leurs fenêtres afin de pouvoir les répertorier, et ainsi mieux les protéger. Après avoir compté les oiseaux depuis votre fenêtre, vous pouvez remplir le formulaire disponible sur son site. Compter les oiseaux, c’est facile, et c’est utile !