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Mon journal animal #3

Des oiseaux très terre à terre

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Les points communs entre tous les oiseaux ? Facile ! Ils ont tous un bec, ils pondent des œufs, ils volent... Attends, vraiment ? Si on les imagine souvent dans les airs ou perchés en haut des arbres, tous les oiseaux ne sont pourtant pas capables de voler : ils étendent leurs ailes sans pouvoir décoller, ni même planer. Une particularité rare, mais pas si bizarre !


« T’as des ailes, mais tu voles pas ?! »

Eh oui, ça peut sembler étonnant, pourtant l’apparition des premiers oiseaux ne sachant pas voler ne date pas d’hier ! Certains dinosaures, comme les oviraptors, avaient déjà des plumes sans pouvoir voler : les paléontologues pensent qu’ils s’en servaient peut-être pour les parades nuptiales. Et plusieurs oiseaux préhistoriques, comme le gigantesque Dromornis, étaient aussi incapables de s’envoler !


Plus récemment, d’autres espèces d’oiseaux ont perdu leur capacité à voler en évoluant. C’est par exemple le cas des cormorans des Galápagos : selon certains chercheurs, ces cormorans ne volent plus car, en vivant sur une île avec beaucoup de nourriture à disposition, ils n’en avaient plus le besoin, et que leur espèce a donc perdu cette capacité. On pense aussi que d’autres oiseaux ne voleraient pas car ils ont développé une manière plus efficace de se déplacer : c’est le cas des manchots, qui sont de bons nageurs, ou des autruches, qui peuvent courir très vite (jusqu’à 70 kilomètres par heure !).





Les oiseaux terrestres ont du plomb dans l’aile

Ces oiseaux très spéciaux ont tout de même un gros problème : ne pas pouvoir voler les rend plus vulnérables aux prédateurs, et ils sont souvent victimes de la chasse ou d’autres activités humaines, au point de disparaître parfois de la surface du globe. Ce fut le cas d’oiseaux légendaires, comme les oiseaux-éléphants de Madagascar, qui pouvaient peser jusqu’à 800 kilos, et sont aujourd’hui considérés comme les plus gros oiseaux ayant jamais existé. Les moas, qui vivaient en Nouvelle-Zélande et qui pouvaient mesurer 3 mètres de haut, ont disparu peu après l’arrivée des Maoris sur leur île, vers le XIVe siècle : ils n’avaient pas été préparés à l’arrivée d’un tel prédateur…


D’autres oiseaux plus petits ont aussi été victimes des activités humaines : au XVIIe siècle, les dodos, qui vivaient sur l’île Maurice, ont disparu moins de 100 ans après leur découverte, victimes de la chasse, de la destruction de leur environnement, et des nouveaux prédateurs introduits sur l’île avec les premiers bateaux, comme les chats, les chiens, ou les rats. Quant aux grands pingouins, qui vivaient sur les côtes de l’océan Atlantique, ils se sont éteints au XIXe siècle, après avoir été chassés pour leur viande et pour leurs plumes. Les lois cherchant à protéger les grands pingouins sont arrivées bien trop tard, et le dernier d’entre eux a été tué en Islande en 1844.


Donnons-leur des ailes !

Aujourd’hui encore, des oiseaux incapables de voler sont en grande difficulté : en Nouvelle-Zélande, les petits kiwis sont victimes de la déforestation et de l’introduction sur leur île de nouveaux prédateurs, comme les chats ou les hermines, et doivent être protégés.

D’autres oiseaux, qui ont perdu la possibilité de voler suite à leur domestication, ont aussi besoin qu’on les défende : l’ancêtre des poules domestiques, le coq sauvage (ou coq doré), qui vient du sud-est de l’Asie, peut voler assez haut pour se percher dans les arbres et échapper à ses prédateurs ; mais aujourd’hui, ses descendants peuvent à peine étendre leurs ailes dans la plupart des élevages.

Ces oiseaux si terre à terre seront-ils un jour mieux protégés ?