Comment éviter / remplacer les dissections en cours de sciences ?

Qu’elle prenne ou non la forme de dissections, l’utilisation d’animaux ou d’organes d’animaux en classe reste associée à l’enseignement des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). Ces dissections peuvent heurter la sensibilité des élèves, des enseignants ou des parents opposés à l’utilisation en cours d’animaux. Comment les programmes encadrent-ils cet enseignement ? Comment enseigner les SVT sans recourir à l’expérimentation animale ?

Que disent les programmes ?

Les programmes sont les seuls véritables cadres de référence officiels auxquels sont soumis les enseignants. La manière de traiter les points du programme reste par contre au choix de l’enseignant : c’est ce qu’on appelle la liberté pédagogique. Il est ainsi possible pour un enseignant de SVT de répondre aux objectifs des programmes sans recourir à l’expérimentation animale.

Que dit la loi ?

Depuis la circulaire ministérielle n° 2016-108 du 8 juillet 2016, des dissections ne peuvent être menées que sur :

  • des invertébrés, à l’exception des céphalopodes
  • des vertébrés ou sur des produits issus de vertébrés faisant l’objet d’une commercialisation destinée à l’alimentation.

Par conséquent, il n’est plus autorisé de procéder à des dissections d’animaux morts élevés à seule fin d’expériences scientifiques. Les dissections se pratiquent ainsi sur des cadavres ou organes d’animaux issus des abattoirs ou d’élevages (grenouilles, poissons, organes d’animaux de boucherie…).

Au-delà de la mise à mort des animaux, la pratique de la dissection normalise aux yeux des élèves un rapport instrumental aux animaux, renforce leur objectification et valide l’indifférence à leur qualité d’individus vivants et sensibles. Heureusement, des alternatives existent.

Froggipidia est une appli disponible dans l’Apple Store, qui permet de disséquer des grenouilles à l’école sans en blesser une seule. Un outil respectueux de la sensibilité des animaux et des élèves.

Les dissections

De nombreux enseignants, inspecteurs de l’Education Nationale et conseillers pédagogiques sont attachés aux dissections, tant elles permettent une confrontation avec le réel et une illustration par l’exemple de la méthode scientifique expérimentale. Ainsi, la parenté évolutive entre les vertébrés se voit souvent illustrée par des dissections de cadavres de souris, de grenouilles, ou de poissons, à commander sur catalogues et livrés congelés.

En remplacement de la dissection, deux grandes alternatives se dessinent : les maquettes et la dissection virtuelle. Un document de l’académie de Toulouse propose différentes alternatives à la dissection de souris dont : l’utilisation de modèles anatomiques, d’animaux plasticinés ou siliconés qui sont réutilisables à l’infini, ou l’utilisation d’animations informatiques et d’atlas numériques. Les catalogues des fournisseurs habituels des établissements scolaires commencent à proposer ces articles.

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