Un métier pour les animaux : maréchal-ferrant

Cet article est paru dans le n° 23 de Mon journal animal.

Crédits photo : SPA

Pour aider les équidés (chevaux, ânes, poneys), Grégory s’occupe de leurs pieds afin qu’ils soient bien dans leurs sabots ! Eh oui, les équidés ont la corne qui pousse en permanence sur leurs pieds. Elle se taille d’elle-même quand les chevaux vivent librement. Mais les équidés domestiques ont parfois besoin d’un coup de râpe ! Grégory a donc accepté de répondre aux questions de Mon journal animal.

Comment et pourquoi êtes-vous devenu maréchal-ferrant ?

J’ai suivi un apprentissage à l’École nationale des haras (ENH) et je suis maréchal depuis 1985. J’ai été salarié pendant 10 ans, puis j’ai créé mon entreprise. Je suis devenu maréchal-ferrant par amour des chevaux : quand j’ai eu mon premier cheval, ça a presque été une évidence pour moi. J’avais 13 ans.

Vous avez décidé de consacrer de votre temps au Grand Refuge de la SPA pour aider les équidés ; pouvez-vous nous raconter une journée type ?

Oui, bien sûr. Je travaille au Grand Refuge de la SPA depuis son ouverture en 2014. Quand j’arrive au refuge, les mercredis à 8 h, je prends connaissance de la liste des équidés à voir pendant la journée. Puis, je me concerte avec la responsable de l’écurie et l’assistante vétérinaire pour connaître tous les soins à apporter à chacun des animaux. Après, j’enchaîne les soins aux équidés toute la journée !

Ça doit être difficile parfois. Y a-t-il des aspects de votre métier plus compliqués que d’autres ?

Il n’y a pas vraiment d’aspects que je n’aime pas. Mais c’est un métier difficile et épuisant physiquement. Les positions du corps et le poids des animaux peuvent user sur le long terme… En plus, on est tributaire des conditions climatiques, du froid, de la boue l’hiver et des insectes qui dérangent les chevaux l’été. Disons qu’il faut être en forme et passionné pour faire ce métier !

Maréchal-ferrant en train de parer un poney.
Maréchal-ferrant en train de parer un poney.

Y a-t-il des dérives ou des pratiques qui peuvent nuire aux animaux dans votre profession ?

Oui, ça existe. Mais j’ai justement fait du tri dans mon exercice pour ne pas avoir à pratiquer des choses qui ne me semblent pas bonnes pour les chevaux. Par exemple, je ne travaille pas dans le milieu des courses, où les animaux sont souvent maltraités. Aujourd’hui, je suis en accord avec tous mes clients et mes clientes pour offrir des prestations adaptées à chaque animal. Le travail au Grand Refuge est un plus qui me prend beaucoup de temps, mais qui est particulièrement gratifiant.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail ?

Le plus chouette, c’est de voir qu’un cheval se déplace mieux après mon intervention. Parfois, certains chevaux sont handicapés par leurs pieds, des douleurs, des déséquilibres… que je peux résoudre, au moins en partie, avec un parage (limage de la corne des pieds) ou des fers adaptés. Les chevaux savent que je leur veux du bien, ils le sentent et me remercient à leur manière !

Y a-t-il un animal qui vous a particulièrement marqué ? Pouvez-vous nous raconter son histoire ?

Oui, il s’agit d’un poney. Il s’appelle Uderzo et est arrivé au refuge en 2019. Il est arrivé avec une fracture de l’antérieur (jambe avant). Le refuge a décidé de le faire opérer, ce qui l’a beaucoup soulagé. Mais il avait encore besoin d’un petit coup de pouce. J’ai donc choisi de lui poser des chaussons en plastique, et grâce à eux, il peut se déplacer pratiquement normalement et vivre au pré avec les autres animaux du refuge ! En 6 ans, et en venant m’occuper de lui toutes les 6 semaines, on a créé un lien très fort ! Mais je me suis aussi attaché à tous les équidés que j’ai pu aider, évidemment.

Selon vous, quelles sont les qualités indispensables pour devenir maréchal-ferrant ?

Il faut être passionné des animaux, en particulier des équidés, parce qu’on passe littéralement tout notre temps avec eux ! Il faut aussi ne pas avoir peur de faire des kilomètres. Passer d’un refuge à un centre équestre, à un haras ou à des particuliers dans la même journée, ça fait de la route ! Il faut aussi être patient et doux pour créer un lien de confiance avec l’animal et surtout savoir s’adapter à chaque cas pour offrir le meilleur soin possible.

Grégory et un cheval se regardent.

 

Grégory Azaïs est maréchal-ferrant depuis 28 ans. Il a toujours été passionné par les chevaux et a décidé de les aider en soignant leurs pieds. Il travaille à son compte depuis 8 ans et accorde beaucoup de son temps aux équidés du Grand Refuge de la SPA, dans l’Orne.

Merci beaucoup Grégory pour ce riche témoignage !