Éclairage public, spots, torches, lampes, phares… Les façons de faire reculer l’obscurité ne manquent pas. mais comment les animaux vivent-ils le fait que la nuit s’illumine ? Faisons la lumière sur ces questions !
Des animaux sens dessus dessous
Lorsque des insectes tournent inlassablement sous un lampadaire. Que se passe-t-il ? Normalement, les insectes nocturnes se dirigent avec la lune, et voilà qu’apparaît une énorme lumière très puissante ! Affolés, ils n’arrivent plus à s’orienter et tournent jusqu’à l’épuisement autour de la source de lumière. Pour les lucioles, ce n’est pas mieux : la petite lumière verte des femelles n’est plus visible sous l’éclairage artificiel, et les mâles n’arrivent plus à les trouver. Aujourd’hui, la lumière artificielle est la deuxième cause d’extinction des insectes après les pesticides.
Certaines chauves-souris sont attirées par les insectes autour des lampes, qui deviennent des proies faciles. Car l’éclairage avantage les prédateurs, qui repèrent plus facilement les animaux qu’ils chassent. Par exemple, les chauves-souris qui mangent des insectes. Pourtant, les chauves-souris sont essentiellement lucifuges : ça veut dire qu’elles n’aiment pas du tout la lumière. La plupart d’entre elles préfèrent d’ailleurs faire des détours pour éviter les éclairages. Ces détours les épuisent, et leurs populations diminuent de façon inquiétante.
Au bord des océans, il arrive que des bébés tortues juste éclos foncent tout droit… dans la direction opposée à l’eau ! En fait, les bébés tortues repèrent l’océan parce qu’il réfléchit la lumière de la lune et des étoiles : il est donc plus lumineux que la terre ferme. Mais la lumière d’une route qui longe la plage devient beaucoup plus brillante que l’eau… De leur côté, perturbés par les lumières, des oiseaux migrateurs se trompent de trajectoire et des rouges-gorges se mettent à chanter en pleine nuit au lieu de dormir. Sur les routes, éblouis par les phares des voitures, des animaux sont tétanisés et n’arrivent plus à s’enfuir… Heureusement, les solutions sont nombreuses pour lutter contre ces problèmes qu’on appelle la « pollution lumineuse ».
Se réconcilier avec la nuit
Jusqu’au début du 20e siècle, des milliers d’étoiles de la Voie lactée étaient visibles même dans les grandes villes, comme Paris. Aujourd’hui, on en voit difficilement quelques dizaines seulement… La pollution lumineuse touche 85 % du territoire français. Une loi de 2018 indique désormais aux collectivités comment lutter contre la pollution lumineuse. Par exemple, les enseignes des magasins et l’éclairage des parcs et des parkings doivent être éteints la nuit. Certaines villes ont même décidé d’éteindre complètement l’éclairage public entre 23h et 5h du matin ! En mer, des plateformes pétrolières testent des éclairages avec de la lumière verte, une couleur qui dérange beaucoup moins les animaux marins. Et on peut tous agir à notre niveau avec des gestes chouettes !
Observer les animaux de la nuit
Beaucoup d’animaux nocturnes sortent dès la fin de la journée, surtout en été quand les nuits sont courtes, et il est alors possible de les observer. En attendant au bon endroit, hérissons, renards ou blaireaux passeront peut- être devant le poste d’observation ! C’est tout simple, mais il faut être très patient, ne pas faire de bruit et avoir un peu de chance. Et puisque nos yeux sont nuls pour voir dans l’obscurité, on peut recourir à la technologie en utilisant un appareil qui voit la chaleur dégagée par les animaux. Il existe des appareils photo, des caméras et même des jumelles qui permettent de voir dans l’obscurité. Il faut évidemment choisir des modèles sans flash ni éclairage. Certains appareils connectés permettent même des observations en temps réel. Évidemment, il faut être conseillé ou accompagné d’un adulte pour utiliser ces appareils ou aller la nuit dans la forêt.