Le handicap chez les animaux, par Adrien (16 ans)

Comme nous, les animaux peuvent-ils aussi parfois être handicapés ? Comment ces animaux porteurs de handicap vivent-ils leur situation ? Quel est le rôle des humains dans tout ça ? Sommes-nous parfois responsables ? Et pouvons-nous venir en aide à ces animaux ? Adrien, 16 ans, a mené l’enquête et nous a envoyé ses découvertes !

Qu’est-ce qu’être porteur de handicap ? Dans le langage courant, c’est être empêché de faire certaines choses, ou avoir des difficultés. Mais dans la réalité, le handicap est un mot qui a un sens assez médical : maladies mentales, dysfonctionnements du corps… Une définition générale d’une situation de handicap pourrait être : c’est lorsque certaines personnes rencontrent des obstacles (physiques, ou culturels par exemple) que d’autres personnes peuvent généralement surmonter.

Un handicap « naturel »

Comme les humains, certains animaux sont handicapés à la naissance, ou développent une maladie qui les handicape pendant leur vie. C’est le cas de Kiwi, un canard recueilli au Woodstock Farm Sanctuary (photo). C’est aussi le cas d’Ophélia, une chienne qui est née avec une malformation des pattes arrière, ce qui l’empêchait de se déplacer comme elle le voulait. Des exemples comme elle, il y en a beaucoup : Boon, une dinde née avec une malformation dans la bouche, a aussi été recueillie au refuge animalier de Woodstock (aux Etats-Unis, près de New York) et était nourrie plusieurs fois par jour, à l’écart des autres oiseaux.

En revanche,
Kiwi, Ophélia et Boon sont des cas à part parmi les animaux handicapés. En effet, beaucoup doivent leur handicap aux humains, notamment à travers des traitements néfastes et de mauvaises conditions de vie. C’est ce que nous allons découvrir.

Le handicap chez les animaux, par Adrien (16 ans)
Ce jeune éléphant, victime de l’industrie du tourisme en Thaïlande, reçoit sa nouvelle prothèse de jambe.

De la maltraitance humaine…

En Normandie, le refuge de l’Association Suzi Handicap Animal prend en charge des animaux handicapés, victimes de maltraitance, de violences. Suzi, c’est le prénom de la première pensionnaire, une jument blessée lors d’un concours. Elle a été recueillie par Stéphanie lorsqu’elle avait 8 ans. Ensuite, Stéphanie a décidé de faire des études pour devenir vétérinaire, ce qui l’a ensuite amené à recueillir plus de 300 animaux. Elle a alors créé son refuge : un lieu qui leur permet de vivre tranquillement et à l’abri de toute violence.

Même s’il existe des refuges spécialisés pour les animaux handicapés, la plupart des refuges accueillent déjà des animaux avec un handicap. Comme beaucoup d’animaux viennent de l’élevage intensif, ils sont souvent blessés ou traumatisés de leur vie là-bas. Les personnes qui les accueillent doivent donc prendre en compte ces particularités et adapter leurs conditions de vie : nourriture, habitat, soins, relations avec les autres animaux…

... aux hypertypes génétiques

Mais quelle limite exacte donner au handicap ? Certains animaux sont souvent atteints directement depuis leurs gènes. Par exemple, les poulets de la race « Ross 308 », utilisés pour la viande, voient leur poids être multiplié par 52 en seulement 35 jours ! Leurs pattes sont trop petites par rapport à leur poids, et ils ont des difficultés à se déplacer. Créée par sélection génétique pour sa croissance très rapide, les poulets de type Ross 308 endurent donc beaucoup de souffrances et des problèmes de santé importants.

Le handicap chez les animaux, par Adrien (16 ans)
À cause de la sélection génétique, ces poulets élevés pour la viande sont trop lourds pour leur squelette. Photo L214

Un autre exemple : issus du loup, les chiens ont fait l’objet de milliers d’années de croisements et de sélection génétique contrôlée par le goût ou l’usage des humains. Par exemple, les bouledogues français sont connus pour leur nez écrasé. En conséquence, ils souffrent de nombreux problèmes respiratoires et beaucoup doivent subir des opérations ou suivre un traitement. En voulant créer un « chien parfait », mignon et beau, nous avons créé des problèmes médicaux qui poursuivent ces chiens toute leur vie.

Mais, voici une bonne nouvelle ! En avril 2026, l’Union Européenne a décidé d’interdire les nouveaux élevages « d’hypertype canin », c’est-à-dire quand les races sont sélectionnées à un point si extrême que les chiens en souffrent. Il faut donc comprendre que la façon dont nous choisissons de traiter les animaux a de grandes répercussions sur eux, jusque dans leur propre corps.

Pour terminer, il ne faut pas avoir pitié ou peur du handicap car c’est justement ce qui fait souffrir les personnes qui le vivent : être traitées différemment des personnes sans handicap. Pensons-y !