BTS activité / Les animaux comme êtres sensibles
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Étudiez ces 3 documents :
« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »
Article L214-1 du Code rural et de la pêche maritime.
« Joël a déjà vu des porcelets se traîner à terre, l’abdomen ou le crâne à demi dévoré par les vers qui ont éclos des oeufs que ne cessent jamais de pondre les mouches. Alors que lui et Serge remplissent à tour de bras des brouettées de merde qu’il déversent dans la gueule insatiable de la fosse à purin et ils passent les truies à la pomme à eau et au désinfectant avant qu’elles expulsent leurs petits, pour les débarrasser des germes qui les souillent continuellement, inévitablement, et souillent leurs mamelles qui contamineront les porcelets à leur tour.
Car tout dans le monde clos et puant de la porcherie, n’est qu’une immense infection patiemment contenue et contrôlée par les hommes, jusqu’aux carcasses que l’abattoir régurgite dans les supermarchés, même lavées à l’eau de Javel et débitées en tranches roses puis emballées avec du cellophane sur des barquettes de polystyrène d’un blanc immaculé, et qui porte l’invisible souillure de la porcherie, d’infimes traces de merde, les germes et les bactéries contre lesquels ils mènent un combat qu’ils savent pourtant perdu d’avance, avec leurs petites armes de guerre :jet à haute pression, Cresyl, désinfectant pour les truies, désinfectant pour les plaies, vermifuges, vaccins contre la grippe, vaccin contre la parvovirose, vaccin contre le syndrome dysgénésique et respiratoire porcin, vaccin contre le circovirus, injections de fer, injections d’antibiotiques, injections de vitamines, injections de minéraux, injections d’hormone de croissance, administration de compléments alimentaires, tout cela pour pallier à leur carences et leur déficiences volontairement créées de la main de l’homme. »
Extrait de Règne animal, Jean-Baptiste Del Amo, 2015.
Des conditions de vie effroyable, une souffrance omniprésente
Les images filmées en octobre et novembre 2024 dans ces 8 élevages des Côtes-d’Armor en Bretagne montrent une réalité glaçante :
– Truies encagées : enfermées dans des cages étroites, elles ne peuvent même pas se retourner. Leur détresse est palpable.
– Porcelets mutilés : les porcelets subissent des mutilations comme la coupe systématique de la queue sans anesthésie, une pratique illégale.
– Cochons engraissés : ils passent leur vie enfermés dans des bâtiments, sans aucun accès à l’extérieur. Ils sont entassés les uns contre les autres dans de petits enclos.
– Insalubrité: les animaux sont élevés sur un sol ajouré en béton, au-dessus de la fosse à lisier. Les bâtiments sont sales. Des cadavres sont en décomposition avancée.
L’association L214 réitère son appel à E.Leclerc pour que l’enseigne s’engage à respecter les critères du Pig Minimum Standards. Cette politique minimale demande :
• le respect strict de la réglementation dans les élevages porcins,
• l’interdiction des mutilations pratiquées sur les cochons (coupe des queues, section des dents, même partielles),
• la mise en place d’enrichissements comme de la litière,
• la fin de l’enfermement des truies reproductrices en cages individuelles.
Extrait de 8 élevages de cochons: enquête accablante sur E. Leclerc, Communiqué de presse de l’association L214, 2025
Questions :
En quoi l’article L214-1 du Code rural n’est-il pas respecté dans les deux exemples ci-dessus ?
Cet article de loi est-il suffisant pour protéger les animaux ? Donnez 3 exemples de situations pourtant admises mais où cet article n’est pas respecté.
D’après ces 3 documents, quel débat public l’association L214 tente-t-elle de soulever ?