BTS activité clé en mains : Considération des animaux et humanité

Sujet de dissertation :

Montrez en quoi notre traitement des animaux reflète notre propre conception de l’humanité ?

Proposition de correction :

Les humains entretiennent avec les animaux des relations multiples et souvent ambivalentes : compagnonnage, exploitation, observation, respect. La manière dont nous considérons les animaux ne dit pas seulement quelque chose d’eux, mais reflète aussi notre propre conception de l’humanité. Les textes étudiés, de Descartes à Darwin en passant par Zola ou Jane Goodall, montrent à quel point la perception de l’animal révèle les valeurs, les croyances et la sensibilité de l’homme.

Tout d’abord, notre rapport aux animaux traduit notre vision philosophique et scientifique du monde. Au XVIIᵉ siècle, Descartes affirme que les animaux ne sont que des machines, dénuées d’âme et de conscience. Cette théorie permet de justifier leur exploitation, puisqu’ils seraient incapables de souffrir véritablement. Mais au XIXᵉ siècle, Darwin défend une conception radicalement différente : il observe chez les animaux les mêmes facultés que chez l’homme (jeu, douleur, plaisir), et conclut qu’il n’y a pas de différence de nature, mais seulement de degré. Ainsi, notre façon de définir les animaux reflète la manière dont nous nous définissons nous-mêmes : être unique et supérieur, ou bien membre d’un continuum du vivant.

Ensuite, la relation entre l’homme et l’animal met en lumière notre capacité à éprouver de la compassion ou à l’étouffer. Tolstoï, dans Les mangeurs de viande, dénonce le fait que l’homme se force à réprimer son sentiment naturel de pitié face à la souffrance animale. Zola, dans Germinal, décrit les chevaux de mine avec une intensité émotionnelle qui évoque le deuil et l’attachement humains. Jane Goodall, quant à elle, montre dans ses observations de chimpanzés que les liens sociaux et affectifs de ces animaux sont proches des nôtres. Dans ces trois cas, les textes amènent le lecteur à réfléchir à l’humanité de son propre regard : sommes-nous capables de reconnaître la sensibilité des animaux, ou préférons-nous les réduire à de simples ressources ?

Enfin, notre rapport aux animaux révèle des enjeux moraux et sociaux. Comme l’explique Kundera dans L’Insoutenable légèreté de l’être, « le véritable test moral de l’humanité, c’est sa relation avec les animaux ». En d’autres termes, c’est dans notre comportement vis-à-vis des plus faibles, de ceux qui ne peuvent se défendre, que se mesure notre véritable bonté. Reconnaître aux animaux des droits, réfléchir à leur statut juridique ou s’interroger sur l’élevage intensif ne sont pas seulement des questions pratiques : ce sont des choix de société qui mettent en jeu nos valeurs fondamentales de justice et de respect.

En conclusion, les textes étudiés nous montrent que parler des animaux, c’est toujours aussi parler de l’homme. La manière dont nous les définissons, dont nous les utilisons ou dont nous les protégeons révèle notre conception de la nature, de la morale et de la dignité. L’animal devient alors un miroir : en le regardant, nous découvrons notre propre humanité.