Le défi de l’adaptation

Cet article est paru dans le n° 23 de Mon journal animal.

Déforestation, pollution, changement climatique, chasse, tourisme… Les animaux sont victimes de nombreuses activités humaines. des espèces disparaissent. Mais des animaux et des espèces s’adaptent, de façon parfois étonnante.

Des animaux bricolos

Fin 2025, les scientifiques ont été ébahis par une louve, au Canada. Elle a été filmée en train de tirer avec ses dents un câble relié à un piège à crabes. En marchant à reculons, elle arrive à sortir le piège de l’eau. Elle en a vidé des dizaines. Au Mexique, des moineaux mettent des mégots de cigarette dans leurs nids : la nicotine sert d’antiparasitaire. De leur côté, des pies et des corneilles utilisent des objets pointus, comme des cintres, pour renforcer leurs nids. Tous ces animaux ont appris à utiliser des objets !

Se déplacer, innover, se rencontrer

Dans les montagnes européennes, le réchauffement climatique et le tourisme dérangent les animaux. Depuis quelques dizaines d’années, les scientifiques ont observé que certains animaux changent progressivement de lieu de vie. Ils recherchent la fraîcheur, la tranquillité et de nouvelles sources de nourriture. Sur 177 espèces d’oiseaux étudiées, 111 se sont déplacées en altitude : c’est énorme ! Par exemple, le martinet alpin a grimpé de 366 mètres. Ça ne semble pas beaucoup, mais c’est une petite révolution pour ces oiseaux.

En Alaska, les grizzlys vont de plus en plus vers le nord pour fuir la chaleur. De leur côté, les ours blancs descendent vers le sud car la glace fond. Grizzlys et ours polaires se rencontrent alors. Et ils font parfois des bébés ensemble ! En 2026, pour la première fois, un ourson hybride, un « pizzly », a été observé en Alaska. Comme leurs parents sont très proches génétiquement, les pizzlys peuvent se reproduire. Il devrait donc y en avoir de plus en plus.

En Amérique du Nord, à cause de la déforestation, les rencontres se multiplient entre les loups et les coyotes. Les couples mixtes donnent naissance à des « coyloups ». Des analyses ADN ont montré qu’il y a aussi des chiens dans l’arbre généalogique des coyloups ! À Toronto, les coyloups se baladent parfois en ville pour trouver leur nourriture.

Louve en train de tirer sur un câble, sur une berge.
Cette louve ultra-futée a compris comment tirer sur un câble pour amener à elle une trappe à crabes.
Avec un parent grizzly et un parent ours polaire, les pizzlys, ou grizzours, sont très imposants !

S’installer en ville

Renards, sangliers, corneilles, ours, éléphants, ratons laveurs… De nombreux animaux savent profiter de la nourriture que les humains laissent autour d’eux. Certains vivent désormais davantage la nuit. Ils voient moins bien, mais quelle tranquillité quand les humains dorment ! En hiver, on voit parfois des centaines d’étourneaux s’installer dans les parcs au crépuscule : ils viennent dormir en ville, où il fait moins froid. Mais chez les oiseaux, les champions de l’adaptation en ville sont les pigeons et les moineaux. Pourtant, tous ces animaux sont rarement les bienvenus. En plus, la ville, c’est dangereux pour eux.

Apprendre à vivre ensemble

La plupart des animaux sont piégés lorsque la forêt est détruite, que la ville et les autoroutes dévorent la campagne, que la banquise fond ou que le climat change. Les animaux n’ont pas de climatisation à disposition ! En fait, même si certains s’adaptent, l’immense majorité des animaux sauvages préfère fuir l’activité des humains. La meilleure solution pour les aider est de préserver et de restaurer leur environnement. On peut aussi leur rendre la vie plus facile quand ils viennent en ville. De sacrés défis à relever !

Babouin sur un muret.

Des babouins malins

En Afrique du Sud, les autorités cherchent des solutions pacifiques pour arrêter les incursions de babouins dans les villages. On les accuse de voler la nourriture dans les magasins ou les restaurants. Mais les animaux ne peuvent pas comprendre que la nourriture qu’ils trouvent ne leur appartient pas. Le primatologue Justin O’Riain rappelle que les humains « ont pris les meilleures terres et leur ont laissé le reste ».