Un métier pour les animaux… orthoprothésiste !

Cet article est paru dans le n° 21 de Mon journal animal.

Antoine Maitre a un métier bien particulier : orthoprothésiste pour animaux. Un métier rare, mais nécessaire pour certains animaux qui ont besoin d’une prothèse ou d’une attelle faite sur mesure pour eux. Partons à la découverte de ce métier aussi utile pour les animaux que passionnant pour Antoine !

Bonjour Antoine, peux-tu nous dire en quoi consiste ton métier d’orthoprothésiste animalier ?

Mon métier de prothésiste (ou orthoprothésiste) animalier consiste à concevoir et à fabriquer des appareils pour des animaux handicapés. Il y a 3 types d’appareils différents adaptés à chaque situation : les prothèses lorsqu’il y a des amputations, les orthoprothèses lorsqu’un membre est malformé, et les attelles que l’on met sur un membre lorsqu’il présente un problème, par exemple une paralysie. Et comme chaque patient est unique, le but est de réaliser ces différents appareils sur mesure. Pour cela, je fais un moulage, j’ai ainsi la forme précise du membre du patient, pour que chacun ait un appareil qui lui soit exclusivement destiné.

Qu’est-ce qui te passionne dans ce métier ?

J’aime beaucoup pouvoir renseigner et accompagner les familles de mes petits patients. Elles ont besoin de comprendre ce qui est faisable ou non, c’est une partie relationnelle que j’aime beaucoup. Et il y a bien évidemment la volonté d’apporter un peu plus de confort au patient, et la satisfaction de lui rendre la vie un peu plus douce grâce à un appareil qui va lui permettre de marcher sans se fatiguer ni se faire mal.

Antoine Maitre avec un chien, dans une prairie

 

 

 

 

Après 10 ans à travailler à l’hôpital en pédiatrie, la sensibilité d’Antoine le pousse à mettre son expérience d’orthoprothésiste au service des animaux qui en ont besoin. Il a ouvert son cabinet Orthopia à Limours, dans l’Essonne, où il pratique son métier d’orthoprothésiste pour animaux avec passion.

Quelle formation t’a mené vers ce métier ?

Il n’existe pas de formation dédiée à l’appareillage orthopédique animal. J’ai donc passé mon diplôme d’orthoprothésiste pour les humains et j’ai travaillé pendant 10 ans en pédiatrie (avec des enfants). J’aimais beaucoup ce que je faisais, mais je voyais que l’appareillage pour animaux avait encore besoin d’évoluer. J’ai donc décidé de me spécialiser. C’est à ce moment-là que j’ai quitté la pédiatrie et que j’ai créé Orthopia : un cabinet exclusivement dédié aux animaux dans lequel je conçois et réalise des appareils avec la même qualité que ce que l’on fait pour les humains

Quels animaux soignes-tu ?

Tous les animaux qui en ont besoin. Ce n’est pas l’espèce qui fait qu’on peut ou non appareiller un animal, ça dépend de chaque animal et de son problème qui est unique. J’ai déjà appareillé plein d’animaux différents : des chiens, des poneys, des chevaux, des ânes, une oie, des chats, une cigogne, un pigeon, des chèvres, un bélier, des moutons, entre autres !

Comment on fabrique une prothèse ?

Pour ma part, je les fabrique exactement comme chez l’humain. Et pour cela j’utilise plein de matériaux différents : du silicone, de la fibre de carbone, de la fibre de verre, des plastiques en tous genres. Il y a énormément de façons de fabriquer les prothèses et les attelles, car elles sont toutes différentes et faites sur mesure pour chaque animal.

Quels bénéfices pour les animaux que tu soignes ?

De grands bénéfices ! Souvent, grâce aux prothèses, ils remarchent normalement. Grâce à une attelle, ils souffrent moins d’une déformation, car elle sert à la corriger. Parfois, on a tendance à penser qu’un animal n’a pas besoin d’appareil parce qu’il « se débrouille très bien sur 3 pattes ». Oui, c’est vrai qu’ils peuvent souvent se débrouiller avec une patte en moins. Mais il est très important de faire la différence entre « réussir à se débrouiller » et les problèmes que ça engendre à la longue sur l’autre patte. Les membres restants sont sursollicités et ça peut entraîner de graves problèmes.

Ce qui est également intéressant, c’est que les familles me racontent comment la personnalité de leur animal a changé depuis qu’il a sa prothèse. Plusieurs m’ont expliqué qu’avec la prothèse, leurs animaux étaient beaucoup moins craintifs, aussi bien avec les humains qu’avec les autres animaux : ils se sentent mieux, moins fragiles, et vont plus vers les autres. C’est une joie pour moi de voir à quel point mon travail peut changer la vie de ces familles et de leurs petits protégés.

Merci beaucoup Antoine d’avoir si bien expliqué en quoi consiste ton métier !