Cet article est paru dans le n° 17 de Mon journal animal
Au printemps, les coucous gris semblent appeler de la forêt « coucou ! coucou ! », et les martinets poussent leurs cris stridents en tournoyant haut dans le ciel. Mais que deviennent ces oiseaux en hiver ? Est-ce qu’ils hibernent, comme on le croyait au 19e siècle ? Suivons-les pour le découvrir !
La grande aventure des oiseaux migrateurs
Quels sont les points communs entre les Loriots d’Europe et les Guêpiers d’Europe ? D’abord, les oiseaux de ces deux espèces sont tous les deux très colorés. Ensuite, on peut les voir en Europe au printemps et en été. Mais alors, pourquoi est-ce qu’on ne les y voit plus en automne et en hiver, alors qu’on les retrouve en Afrique ? Eh bien, c’est parce que ces oiseaux partagent leur temps entre ces deux continents : même s’ils s’appellent « d’Europe », ils sont autant africains qu’européens !
On appelle les oiseaux qui partagent leur temps entre deux zones des oiseaux migrateurs : ils voyagent régulièrement à travers le monde pour chercher les meilleures conditions possibles pour se nourrir ou élever leurs petits. Cigognes, coucous, huppes, martinets, hirondelles, cailles… : ces oiseaux élèvent leurs petits en Europe au printemps et en été, puis partent en Afrique en automne. Là-bas, ils trouveront de quoi se nourrir pendant que le froid gagne leur lieu de naissance !
Les guêpiers et les loriots parcourent des milliers de kilomètres de l’Afrique à l’Europe lors de leur migration annuelle. Quel courage ! Lors de leur migration, certains montent jusqu’à 5 000 mètres d’altitude, et parcourent des distances énormes ! Les Hirondelles de cheminée font jusqu’à 10 000 km chaque année, certaines vont du nord de l’Europe jusqu’en Afrique du Sud. Quelles athlètes !
Pendant la migration, les oiseaux se guident avec différents repères, par exemple les odeurs et le champ magnétique terrestre (c’est une sorte d’aimant à l’échelle de la Terre, que les humains ne perçoivent pas). Ils utilisent aussi le Soleil s’ils volent la journée, ou la Lune et les étoiles s’ils se déplacent la nuit. Ils partent souvent en groupes, parfois de plusieurs centaines ou milliers d’individus. Les autoroutes du ciel sont très fréquentées !
La route de tous les dangers
Le fait de vivre à deux endroits a des avantages. Les oiseaux profitent par exemple de températures chaudes toute l’année, et ils trouvent facilement à manger. Mais de plus en plus de dangers les guettent pendant leurs longs voyages : en plus des prédateurs et du mauvais temps, les oiseaux risquent d’être tués par des éoliennes, des lignes à haute tension… Ils sont perturbés par l’éclairage des villes et des routes : on appelle cela la pollution lumineuse. Leur habitat se dégrade en Europe et en Afrique. Pour toutes ces raisons, des pays des deux continents coopèrent pour les aider, par exemple en essayant de préserver leurs lieux de vie.
Ces oiseaux qui voyagent… malgré eux !
Le nom des pintades vient du portugais, pintada, qui veut dire « peint ». Quand on les regarde, on dirait bien qu’un peintre est passé par là, pour leur mettre du rouge et du bleu sur la tête, et des petits points blancs sur les plumes ! Ces drôles d’oiseaux vivent en Afrique dans des zones semi-désertiques, la savane et les forêts. Ils forment des bandes d’une vingtaine d’oiseaux. Les pintades courent très bien, et elles s’envolent seulement en cas de danger ou pour aller dormir dans un arbre, à l’abri des prédateurs. Un danger menace ? Vite, celle qui l’a vu crie très fort pour alerter les autres !
Malheureusement pour elles, les pintades ont été domestiquées et importées en Europe dès l’Antiquité par les Grecs et les Romains… pour être mangées ! Aujourd’hui encore, des milliers de pintades sont élevées pour leur chair. La France est même le pays qui en élève le plus ! Des autruches, célèbres oiseaux de la savane africaine, ont à leur tour été importées en France à la fin du 20e siècle, pour être élevées pour leur viande.
D’autres oiseaux africains sont capturés pour être revendus comme « oiseaux de compagnie ». Par exemple, l’association BirdLife International estime que 2 à 3 millions de perroquets Gris du Gabon ont été exportés illégalement ces 40 dernières années. C’est énorme ! En plus, beaucoup d’oiseaux meurent lors de la capture ou du transport. Les survivants finissent en captivité, bien loin de leur environnement naturel…
Depuis 2016, le commerce international des perroquets Gris du Gabon est interdit, mais le trafic illégal continue… C’est pour ça que l’association Limbe Wildlife Center (LWC) aide ces perroquets. Située au Cameroun, elle s’occupe d’animaux sauvés du trafic, surtout des primates et des oiseaux. Depuis 2003, elle a accueilli plus de 2 000 perroquets saisis aux trafiquants. Après des soins, ceux qui peuvent voler sont libérés dans leur habitat naturel : les forêts tropicales d’Afrique, qu’il faut aussi protéger ! Où iront les perroquets et les autres habitants des forêts si on coupe les arbres ? Heureusement, de plus en plus de gens prennent conscience de l’importance des forêts, bénéfiques pour le climat et vitales pour les animaux.
Comme l’écrivait le poète Jacques Prévert dans son livre Fatras : « Un seul oiseau en cage / la liberté en deuil » !
Des champions de l’adaptation
Les oiseaux de certaines espèces vivent toujours au même endroit et ne voyagent jamais : on dit qu’ils sont sédentaires. Par exemple, les Moineaux domestiques sont présents sur tous les continents. Au Groenland, ils ont appris à vivre dans le froid glacial et la neige ; en Afrique du Nord, ils sont habitués aux fortes chaleurs et à la sécheresse. Ils ont réussi à s’adapter à des environnements très différents ! Et en hiver, les Moineaux domestiques qui vivent dans les régions froides apprécient une mangeoire remplie de graines.