Un métier pour aider les animaux : botaniste !

Cet article est paru dans le n° 17 de Mon journal animal

Passionné par les arbres, Zéphirin a décidé d’en faire son métier. Aujourd’hui, il travaille main dans la main avec l’association P-WAC, qui lutte au congo pour la préservation des chimpanzés et de leur habitat : les forêts tropicales. Ensemble, ils restaurent des parcelles de forêts, et le rôle de zéphirin est très important. Mon journal animal est allé à sa rencontre pour en savoir plus !

Bonjour Zéphirin ! Est-ce que tu pourrais nous raconter comment tu as eu envie de devenir botaniste ?

C’est toute une histoire ! Je suis né au Congo, au milieu de la réserve forestière de Khiemi. Mon père était l’agronome responsable de cette réserve. Il voulait que je devienne médecin. J’ai commencé par suivre son souhait et j’ai fait une année d’études, mais j’étais déjà passionné par le travail de reboisement. En effet, j’ai grandi en voyant travailler mon père. J’ai grandi avec les arbres, entouré d’eux. Je les aime !

Mais un jour, en me baladant, j’ai vu que des hommes avaient coupé les arbres pour faire du charbon de bois. Au Congo, les arbres sont souvent coupés puis brûlés pour produire du charbon de bois qu’on appelle makala, et qu’on utilise pour cuisiner et se chauffer. Ici, dans les villages, personne n’a le gaz ou l’électricité, alors on utilise le charbon de bois. Ensuite, les femmes cultivent les parcelles déboisées. C’est la principale cause de déforestation…


Notre travail de reboisement avait été détruit par ces gens ! Je me suis demandé quoi faire. J’ai décidé d’agir et de suivre ma passion en devenant agronome avec une spécialité foresterie. Je voulais que tout devienne forêt. Mon père était furieux, car il ne voulait pas que je sois comme lui. Il pensait qu’au Congo les botanistes sont mal payés et qu’ils ne sont pas respectés. Mais en voyant ma passion, et avec le soutien de mon grand frère, mon père a finalement accepté. Il a même financé mes études. J’ai commencé à étudier en 2015, et 5 ans plus tard, j’ai eu mon diplôme d’ingénieur agronome spécialité foresterie. Puis, j’ai commencé à travailler à la réserve de Luki, au Kongo-Central.

Photo de Zéphirin

 

 

 

Zéphirin Nguimbi est né dans la province du Kongo-Central, à l’ouest du pays. Âgé de 30 ans, ce Congolais se passionne pour la recherche, aime la forêt, et adore entendre les animaux qui y vivent. En choisissant de devenir botaniste, il a réussi à faire de sa passion son métier !

Bravo pour ta motivation ! Est-ce que tu pensais déjà à aider les animaux ?

Oui ! Les gens qui détruisent les forêts enlèvent la nourriture des animaux. Il faut reboiser intelligemment, avec des essences d’arbres qui profitent aux animaux. Pour protéger les chimpanzés, l’association P-WAC implique aussi les villageois : elle a par exemple créé le programme Jardins Forêts avec les villages. Et il y a aussi un projet de forêt médicinale !

Peux-tu nous expliquer comment tu aides l’association P-WAC et les animaux en étant botaniste ?

J’avais entendu parler de P-WAC par un ancien botaniste qui travaillait avec eux, puis mon responsable à la réserve de Luki m’a proposé d’aider l’association. Mon travail consiste à recréer l’habitat naturel des singes, et à enrichir les forêts de P-WAC avec des essences forestières particulièrement intéressantes. Je plante des arbres qui donneront à manger aux animaux dans quelques années, par exemple des Dialium, des Nauclea (appelés ici bilingas) ou des Diospyros. Des variétés de Diospyros sont cultivées en Europe et donnent des fruits que vous connaissez bien en France : les kakis ! Mais dans la forêt tropicale, le bois de ces arbres est surexploité, et ils sont en voie de disparition…

Y a-t-il un événement qui t’a marqué et que tu as envie de partager ?

Voir des animaux dans la forêt tropicale est difficile. Un jour, j’ai eu la chance de voir quatre chimpanzés sauvages lors d’une sortie ! C’était incroyable. Et aussi, j’ai réalisé un inventaire de la flore et de la faune avec une équipe scientifique. Je me suis beaucoup investi, et j’ai eu les félicitations d’un cartographe, ou « chercheur boussolier », comme on dit ici.

Chimpanzé adulte dans des arbres, dans la forêt
Grâce au travail de Zéphirin et à l’association P-WAC, les chimpanzés profitent à fond de la forêt !
Bébé chimpanzé dans la forêt

Comment est-ce que tu vois ton avenir ?

Je le vois prometteur avec ce que je fais ! J’aime partager mon histoire, ma passion, et j’encourage les jeunes à devenir botanistes. J’invite les enfants à s’intéresser à la nature, aux forêts. Le monde va mal : l’explosion démographique, les usines, le réchauffement climatique, la disparition des espèces… Il faut protéger les forêts pour aider la planète et tous ses habitants. J’invite la jeune génération à suivre ma passion.

C’est sûr que ton histoire est très inspirante ! Merci Zéphirin d’avoir partagé ta passion avec les lecteurs de Mon journal animal !

Des membres de P-WAC, ultra motivés pour protéger les chimpanzés et les animaux de la forêt !
Des membres de P-WAC, ultra motivés pour protéger les chimpanzés et les animaux de la forêt !

Zéphirin est fier des arbres qu’il a plantés, et il a raison ! Pour aider Zéphirin à restaurer les forêts de P-WAC pour les animaux, cette association propose d’agir en plantant un arbre pour célébrer un événement, d’aider à sécuriser la forêt, et même de parrainer des arbres ! Découvrez toutes les actions de P-WAC pour aider les animaux.